Voyage

Comment rester au Japon sans visa de résident

Yokohama Foreign General Cemetery

Sincères excuses pour le titre stupide... La suite est sérieuse!

L'image d'illustration ne le montre pas vraiment, mais Yokohama est une ville pleine de vie. Et d'histoire, en particulier d'histoire avec l'occident. C'est en effet avec la fin du Bakufu et la réouverture du Japon que l'histoire de la ville commence vraiment. L'année 1858 et la signature du traité de commerce américano-nippon ont mis fin à 300 ans de fermeture quasi-totale du Japon sur l'extérieur, déclenchée par une volonté un peu trop affichée des occidentaux et de leurs missionnaires à vouloir transformer l'archipel en colonie. Pendant 300 ans, le Japon vivait replié sur lui-même.

La réouverture fût difficile et causa une guerre civile qui déchira le pays. Pis, celui-ci devait se rendre à l'évidence : le repli l'avait peut-être sauvé d'une éventuelle colonisation, mais il l'avait également condamné à rester sous un modèle de société féodale, alors que toutes les grandes nations mondiales étaient déjà industrialisées et disposaient d'armées puissantes et modernes. Il fallait vite rattraper ce retard.

Le Japon de l'ère Meiji multiplia alors les échanges culturels avec l'extérieur, et particulièrement avec les pays occidentaux dont il voulait acquérir le modèle industriel et militaire. Des étudiants Japonais furent envoyés dans le monde occidental, et de nombreux occidentaux furent invités au Japon - chose qui était impensable à peine quelques années auparavant, tout étranger pénétrant dans le pays étant alors puni de mort immédiate!

Yokohama, en tant de grand port et grande ville, reçut nombre de ses hôtes venus de très loin. Certains finirent par s'installer au Japon et, par la force des choses, y trépassèrent. Il fallait donc un lieu de sépulture pour ces morts qui étaient pour la plupart chrétiens.

Odaiba

Odaiba (Wikipedia) est une île artificielle construite sur la baie de Tokyo, fort visitée en raison de ses nombreuses attractions. L'arrivée en constitue déjà une en elle-même puisqu'elle s'effectue par métro aérien qui donne une fort belle vue sur l'océan et l'île qui attire déjà l'oeil par l'architecture particulière de ses bâtiments.

Odaiba Odaiba

Construite à l'origine comme une forteresse suite au traumatisme du coup de force du Commodore Perry, sa visite aurait dû être une plongée dans l'histoire du Bakumatsu et de l'ère Meiji... Las, on n'y retrouve que centres commerciaux gigantesques, décorations de plus ou moins bon goût (comme cette réplique miniature de la statue de la liberté), et attractions diverses dominées par les studios de Fuji TV, visitables et remplis de boutiques de souvenirs... :( Le Japon contemporain est plus Disney que Yoshikawa...

Odaiba Odaiba
Odaiba Fuji TV studios in Odaiba

Une petite touche naturelle est cependant apportée par la petite plage, où les couples se balladent et les enfants jouent sur du sable vraisemblablement importé.

Odaiba Odaiba

Parmis ce dédale de choses, un centre parvient malgré tout à ressortir du lot. Le Venus Fort tente autant que faire se peut de reproduire un style de rues Vénicien, et l'effet est certes dépaysant... Jusqu'au moment où l'on s'aventure à tapoter les murs pour se rendre compte qu'il s'agit de contreplaqué et non de pierre.

Odaiba Odaiba
Odaiba Odaiba
Odaiba Odaiba

Heureusement, le charme urbain revient dès que la nuit recouvre cette couche de superficialité...

Odaiba

Le camp d'été en automne

Avec un peu de retard sur le calendrier habituel, le labo est parti en "camp d'été" à Atami, dans la préfecture de Shizuoka.

Around the beach Around the beach
Seashore Urk.

Le "summer camp" est un évènement annuel obligé de la vie professionnelle japonaise. Toute l'équipe part quelques jours en exil, de préférence dans un ryokan, loin de la ville et du bureau. Ca pourrait ressembler à du team-building mais ça n'en est pas vraiment : plutôt une sorte de mini-vacances organisées par la boite. Histoire d'obliger même les quelques forçats qui viennent bosser le week-end à prendre un peu de bon temps?

Inside the Ryokan Inside the Ryokan

Cette retraite collective, généralement organisée sur un week-end de 3 jours, se fait dans une ambiance strictement japonaise. Alors que la vie de bureau au Japon est très profane, les japonais opèrent ici un retour aux sources : la seule réunion de "travail" du séjour (durant laquelle le Sensei aura surtout montré diverses photos prises lors de ses voyages) se fait sur tatamis et table basse. Le petit déjeuner est également typiquement Japonais, à savoir riz, soupe miso, haricots rouges, et "l'ami du petit déjeuner" version nippone : une espèce de poisson cuit tout droit sorti d'un film d'horreur. Très goûteux, mais où sont les toasts et la confiture?

Surprise également dans les chambres : assez grandes, on y dort bien entendu sur des futons, à raison de 4 ou 5 personnes par chambre. Une télé est présente, ainsi qu'un magnétoscope VHS (incroyable!) à pièces, 100Y pour 10 minutes. Pourquoi aussi cher? On comprend lorsqu'on ouvre la commode, remplie de vidéos pornos de tous les styles possibles (les plus pervers rangés devant :)), dont certains que je n'ose même pas vous décrire ici. Par ailleurs, une vidéo de Cobra et 2-3 autres animés que je ne connaissais pas (sans doute le genre avec des tentacules géantes).

Le côté collectif est également omniprésent, on ne se retrouve guère seul qu'aux toilettes. On mange ensemble, on dort ensemble, on se baigne ensemble à l'onsen, et ainsi de suite. Cela donne lieu à certaines situations pour le moins inédites pour un pauv' gaijin comme moi. Imaginez-vous à oilpé dans le même bain que votre boss en train de discuter avec lui des prochaines orientations de votre taff... C'est pas le meilleur moment pour négocier une augmentation.

Parmis les autres activités organisées, un bingo durant lequel j'ai gagné des nouilles en conserve, super pratiques car il suffit de mettre la boîte sous le feu avant de déguster - et la petite cuillère en platique est même fournie. On a également joué au ballon prisonnier sur la plage - mais sans le ballon jugé trop dangereux, et remplacé par un frisbee... en mousse. -_-; Enfin, quizz en Japonais auquel je n'ai pas compris grand chose, sauf que le taux d'alcool dans le sang montait au fur et à mesure que les questions devenaient bizarres. Et à ce niveau je pense qu'il serait plus opportun de l'exprimer en grammes par décilitre!

Dodge-ball game

Ces retraites sont pour chacun l'occasion de chahuter un peu la hiérarchie (même si elle n'est pas du tout pesante à l'endroit où je travaille - mais il s'agit d'un cas privilégié), et de voir ses collègues en dehors du cadre du travail, chose assez difficile autrement. En tout cas, ça m'a fait du bien de les voir se lâcher un peu, vu qu'au bureau je suis en général le seul à faire l'andouille.

Voyage à Kyoto

S'il y a un truc pour lequel je ne suis pas venu au Japon, c'est bien pour faire du tourisme. Je suis plus un amateur d'aventures humaines et de belles rencontres que d'albums photos. Cependant, il y a des jours où on ne peut pas trop y couper, et des endroits qu'il faut malgré tout voir... Aussi avec quelques amis du cours de Japonais, nous avons décidé (il y a un mois de ça déjà!) de passer 4 jours (3 nuits) à Kyoto histoire de jouer les touristes.

L'ascension du Mont Fuji

Si vous avez prêté attention au titre de ce blog, il a dû vous sembler un peu en décalage avec son contenu. C'est simplement que jusqu'à présent je n'avais pas encore adopté le format que je désirais utiliser.

Au moment de commencer ce blog, j'avais pensé que ce serait sympa de sortir un peu de la norme en faisant régulièrement des petits vidéocasts de 15-20 minutes sur les évènements intéressants, afin de transmettre l'expérience plus fidèlement qu'avec le classique format texte+photos. Je ne sais pas si c'est une bonne idée, si c'est complètement débile, ou si les gens sont prêts à passer 20 minutes à regarder une vidéo sur un blog. Par ailleurs, je ne suis pas sûr d'être capable d'insuffler la spontanéité nécessaire à ce genre de document. Alors on va faire un essai ici et maintenant, et vos commentaires décideront si je renouvelle ce format ou pas.

Voici, heure par heure, la montée du Mont Fuji (3776 mètres) telle que je l'ai vécue. J'ai pensé qu'enregistrer mes impressions au fur et à mesure serait bien plus intéressant que de vous faire un rapport après coup.

Nous avons emprunté la route Kawaguchiko, réputée comme étant la plus facile. Au début cela ressemble en effet à une petite promenade à la campagne, mais une fois que le froid, la nuit et la fatigue s'en mêlent, ça devient une toute autre paire de manches. La fin est particulièrement horrible, mais la récompense (le lever de soleil au dessus des nuages) en vaut largement la peine. Si vous voulez tenter l'expérience, sachez qu'elle est accessible à tous à condition d'être bien préparé. Vêtements très chauds (type sports d'hiver) pour le sommet, chaussures de marche à toute épreuve, et crème solaire obligatoire pour la descente. Nous étions partis à 9 avec mes collègues de la classe de japonais, nous ne sommes que 5 à être parvenus en haut...

Toutes les vidéos ainsi que les photos utilisées ont été prises par moi-même au cours de l'ascension et de la descente, à l'exception d'une photo : lors du lever de soleil, un gros con de nuage est passé devant nous, et si l'on pouvait encore profiter du spectable avec nos yeux les images que j'ai obtenues n'étaient vraiment pas terribles. Merci donc à l'auteur de cette photo de l'avoir mise sous licence Creative Commons. L'album photo de cette aventure est également visible sur Flickr.

Et voici maintenant le premier vidéocast de Japan Through Blue Eyes... J'espère qu'il vous sera agréable. Si vous n'aimez pas le Flash, vous pouvez choisir un autre format sur la page Blip.tv, voire carrément télécharger la version originale (222 Mo, très bonne qualité), ou la version Ipod.

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