Vie quotidienne

Les hommes-poteau

Parmis les nombreuses choses étonnantes à Tokyo, la prolifération des hommes-sandwiches n'est pas la moindre. On trouve en effet une mulitude de gens chargés de faire de la promotion en costume préférablement ridiculement kawaii, ou dont le travail consiste tout simplement à tenir un panneau en pleine rue...

L'autre jour à Baba, je suis tombé sur deux drôles de zigotos qui avaient un message visiblement caché à faire passer :

What did these two weird guys mean?

What did these two weird guys mean?

J'ai honte de l'avouer, mais je n'ai pas osé leur demander ce qu'ils faisaient là. Alors je soumet ce mystère à vos lumières : que voulaient ces deux types? Sont-ils les membres d'une secte dont les dogmes sont contredits par les maths? La force de vente d'une boîte qui veut lancer un buzz mystère? Un piège à cons dans lequel je suis royalement tombé? J'attend vos suggestions...

Force de vente

"Ma bière zéro calories est dégueu et tu vas bien te faire entuber en l'achetant, pauvre con".

Great ad for Kirin beer

C'est bien le message que vous avez compris en voyant le geste du type? 0_0
(photo prise aujourd'hui dans le train JR me ramenant chez moi)

Comment rester au Japon sans visa de résident

Yokohama Foreign General Cemetery

Sincères excuses pour le titre stupide... La suite est sérieuse!

L'image d'illustration ne le montre pas vraiment, mais Yokohama est une ville pleine de vie. Et d'histoire, en particulier d'histoire avec l'occident. C'est en effet avec la fin du Bakufu et la réouverture du Japon que l'histoire de la ville commence vraiment. L'année 1858 et la signature du traité de commerce américano-nippon ont mis fin à 300 ans de fermeture quasi-totale du Japon sur l'extérieur, déclenchée par une volonté un peu trop affichée des occidentaux et de leurs missionnaires à vouloir transformer l'archipel en colonie. Pendant 300 ans, le Japon vivait replié sur lui-même.

La réouverture fût difficile et causa une guerre civile qui déchira le pays. Pis, celui-ci devait se rendre à l'évidence : le repli l'avait peut-être sauvé d'une éventuelle colonisation, mais il l'avait également condamné à rester sous un modèle de société féodale, alors que toutes les grandes nations mondiales étaient déjà industrialisées et disposaient d'armées puissantes et modernes. Il fallait vite rattraper ce retard.

Le Japon de l'ère Meiji multiplia alors les échanges culturels avec l'extérieur, et particulièrement avec les pays occidentaux dont il voulait acquérir le modèle industriel et militaire. Des étudiants Japonais furent envoyés dans le monde occidental, et de nombreux occidentaux furent invités au Japon - chose qui était impensable à peine quelques années auparavant, tout étranger pénétrant dans le pays étant alors puni de mort immédiate!

Yokohama, en tant de grand port et grande ville, reçut nombre de ses hôtes venus de très loin. Certains finirent par s'installer au Japon et, par la force des choses, y trépassèrent. Il fallait donc un lieu de sépulture pour ces morts qui étaient pour la plupart chrétiens.

Haut les mains, sans les mains

Vous avez probablement déjà entendu parler du skimming, ce procédé qui consiste à copier les données d'une carte bancaire à l'insu de son utilisateur pour en fabriquer une copie. L'attaquant n'a alors plus qu'à se procurer le code de sa victime, et il peut alors effectuer des achats en toute impunité.

Les Japonais n'utilisent que très peu la carte bancaire pour régler leurs achats. En revanche, ils sont exposés à un autre problème. Depuis des années, des cartes RFID (sans contact, que l'on passe simplement au-dessus d'une borne) telles que la Suica (puce FeliCa) sont utilisées dans les transports en commun et comme porte monnaie électronique pour certains magasins, restaurants et distributeurs. C'est vraiment très pratique, il n'y a qu'à sortir sa carte (ou son portefeuille si la carte est dedans), à la placer à moins de 5 centimètres de la borne, et bam, la transaction est effectuée. Lorsque l'on voyage, la somme est ainsi automatiquement prélevée à la station d'arrivée, en fonction de celle de départ.

Carte Suica

Ces cartes, qui ne sont pas nominatives par défaut, peuvent également contenir vos abonnements à certaines lignes de train, ainsi que d'autres informations. Elles ont rencontré un tel succès que les opérateurs téléphoniques ont fini par inclure la FeliCa dans leurs téléphones mobiles, qui peuvent donc également être utilisés comme porte monnaie, avec la possibilité de consulter les dernières transaction et de recharger son crédit via son compte mobile.

Les transactions entre la carte et le lecteur sont bien entendu protégées autant que faire se peut... Pour autant, le skimming existe bel et bien au Japon, sous une toute autre forme.

Anti-skimming devices at Yodobashi

Un simple appareil portable, un utilisateur un peu négligent, et le tour est joué. Nul besoin pour l'attaquant d'établir un contact physique avec la carte pour la pirater, étant donné que celle-ci fonctionne sans contact! Et la transaction ne nécessitant aucune autre forme d'authentification, l'utilisation des données volées est d'autant plus simple. Un seul moyen de se protéger : faire taire la carte lorsqu'elle n'est pas utile.

C'est chose facile avec les portables qui doivent explicitement être activés avant d'établir un paiement. Mais dans le cas de la carte classique, la seule solution efficace est de sortir couvert.

Anti-skimming devices at Yodobashi

Ces espèces de capotes pour RFID les empêchent tout simplement d'émettre tant qu'elles se trouvent à l'intérieur. On en trouve de toutes les couleurs, de tous les genres, et si vous aimez Hello Kitty, il en existe bien entendu un modèle! C'est moins pratique car il faut sortir la carte de son étui à chaque utilisation, mais tellement mignon...

Et grâce à la machine marketing, la peur de se faire pirater son petit porte monnaie électronique est grande ici, malgré les risques au final plutôt anecdotiques (l'attaquant doit savoir à l'avance où se trouve la carte et placer son appareil suffisamment près, ce qui n'est pas des plus discrets...). Ceci dit, à 1500Y (près de 10€) pièce pour l'équivalent d'une feuille d'aluminium, il y a au moins certains voleurs qui y trouvent leur compte...

Flic à Clope

Dans les rues de Shinjuku, on peut rencontrer de drôles de policiers :

Smoke cop

Ils ne sont pas armés d'un flingue, ni même d'une matraque, mais juste d'un... cendrier. En effet, les rues de Shinjuku sont non-fumeur, et ces agents sont chargés de rappeler à l'ordre des badauds qui n'auraient pas vu les nombreux panneaux et marquages au sol qui le signalent.

Pour les avoir vus à l'œuvre, j'ai été frappé à nouveau par le respect de l'autorité dont font preuve les Japonais. Le simple fait de porter un uniforme vous confère un pouvoir sur les autres que personne n'ira discuter, et chacun s'exécute immédiatement. Le pauvre petit vieux qui sera chargé de faire le même boulot à Paris risque en revanche de finir avec des mégots de cigarettes dans les orbites... C'est pô ma faute!

Syndiquer le contenu