Si vous êtes un fan hardcode de ce blog (ce que je n'exigerai pas, surtout vu la fréquence des posts ces temps-ci...) vous devez savoir qu'il y a une constante qui revient tous les ans à cette période de l'année.
Soiya! Oui, c'est le Matsuri à Omiya , et pour la quatrième année consécutive j'ai la chance d'y participer. La première journée vient de s'achever et après avoir porté le mikoshi (une tonne le bestiau!) pendant quelques heures, tout le monde rentre se reposer en préparation de la journée de demain, où les muscles seront encore une fois mis à rude épreuve.
Donc je rentrais chez moi, plein de sueur, toujours avec les habits de Matsuri, c'est-à-dire avec pour seul vêtement sur les hanches une espèce de cache-misère roulé en ficelle me rentrant dans le cul qui m'a valu quelques regards écarquillés dans le train (il y a juste une grand-mère qui m'a adressé la parole l'air de vouloir me consoler pour me dire que j'étais kakkoi. Vous voyez où j'en suis, je suscite la pitié des vieux), quand je me suis dit, tiens je vais aller me prendre un truc à boire au combini, n'ayons pas honte, de toute façon je suis plus à ça près, et puis ça fait 4 ans que je fais ça, les flics m'auraient déjà arrêté s'il y avait atteinte à la pudeur.

Eh, onee-san! Il y a au moins deux trucs bizarre dans cette scène: on est au Japon et un homme qui te tient la porte, et il y a un gaijin en fundoshi devant toi, alors tu pourrais au moins arrêter de parler dans ton téléphone et dire merci!
Arrivé à la caisse, je me rappelle que j'avais reçu un bento avant de quitter la fête et qu'il serait bon de le réchauffer avant de la manger chez moi. Problème, je n'ai pas de micro-ondes. Les combinis en ont tous deux ou trois derrière les caisses et qui servent à réchauffer les plats achetés par les clients, mais bien entendu il est interdit de le faire pour des choses qui n'ont pas été achétées dans le magasin. Vous le savez, au Japon la règle c'est la règle, il n'y a pas d'exceptions, pas de copinage, tout ce qui est codifié est à respecter à la lettre même si cela aboutit à des conséquences stupides voire dangereuses. Mais bon, refroidit (c'est le cas de le dire) par la perspective de manger du riz pas chaud j'ai quand même tenté ma chance. Le gars de la caisse, assez jeune, voit donc débouler un gaijin puant en fundoshi avec un regard de chien battu. Chances de susciter la sympathie: 0%. S'ensuit alors le dialogue suivant :
- Euh excusez-moi, je sais que ça ne se fait pas normalement, mais au passage ça vous dérangerait de réchauffer mon bento?
- Pas de problème, on est voisins après tout.
Eh?
C'est là que je me suis rappelé la veste que j'avais sur le dos, aux couleurs du quartier dont j'ai porté le Mikoshi, situé non loin de là. En plus d'avoir remarqué que nous habitions le même coin, sans doute le caissier a-t-il été ému de mon adoption des coutumes japonaises jusque dans la raie du cul, et sentant (au sens propre) que j'en avais bavé pour permettre à ses divinités de prendre l'air il a bravé la sacro-sainte règle pour me permettre de manger comme un être humain.
Voilà un truc auquel je ne m'attendais pas, être ému dans un combini! Clairement cela ne se serait pas produit si j'avais été en jeans. Merci onii-san!
Commentaires récents
il y a 1 an 13 semaines
il y a 1 an 15 semaines
il y a 1 an 16 semaines
il y a 1 an 16 semaines
il y a 1 an 23 semaines
il y a 1 an 28 semaines
il y a 1 an 34 semaines
il y a 1 an 34 semaines
il y a 1 an 39 semaines
il y a 1 an 39 semaines