Et voilà, mon cours de japonais (niveau 1) est terminé. Près de 4 mois à raison de 4 heures par jour en moyenne, du lundi au vendredi, plus une quantité considérable de travail à faire par nous-mêmes. Alors c'est sûr que ce n'est pas avec ça que je vais conquérir le Japon, mais ça me donne les munitions nécessaires pour forger ma propre compréhension de la langue.
Car mine de rien, si l'on considère de manière quantitative le travail effectué, cela fait plus de 160 kanjis, un vocabulaire riche de plus de 1200 mots (d'après mon dico), et une bonne partie de la grammaire de base qui me permet, armé de l'indispensable Rikaichan, de lire pas mal de pages web écrites en japonais. Le niveau requis pour passer le JLPT (validation des connaissances en japonais) niveau 4 étant d'environ 730 mots de japonais pour 100 kanjis, je compte affronter le niveau 3 (1500 mots, 284 kanjis) pour la fin de l'année, voire pourquoi pas tenter le 2 (6000 mots, 739 kanjis)! Car une fois que quelques bases dans une langue sont acquises, les progrès deviennent plus rapides étant donné que l'on peut mémoriser les nouveaux éléments sur la base des anciens. C'est d'autant plus vrai pour les kanjis, puisque la plupart d'entre eux sont construits par combinaison d'autres kanjis plus simple.
J'estime donc ma connaissance du japonais à environ 10%. C'est une mesure crédible quand on prend en compte le nombre de kanjis que je connais (sachant qu'il faut en connaître environ 2000 pour lire le journal), mais elle est encore plus crédible si l'on se réfère à mon propre étalonage : mon dictionnaire électronique référence en effet 30 mots différents pour dire pénis, et j'en connais déjà 3 parmis ceux-là.

30 mots différents pour dire pénis? Eh oui, la prolifération du vocabulaire pour référencer un seul et même concept dépend de sa fréquence d'utilisation dans la vie quotidienne. Les Inuits ont également de nombreux mots différents pour désigner la neige. Et pourtant, il semble que les Japonaises trouvent à y redire. S'agit-il alors d'un syndrôme Mc Kain?
Mais revenons à un sujet pour lequel il reste encore de l'espoir, mes capacités en japonais. Si la quantité d'information qu'on nous a fait ingurgiter est impressionnante selon moi, son utilisation dans la vie quotidienne n'est pas encore évidente. En effet, la grammaire n'est pas encore cablée dans le cerveau, le lookup du vocabulaire cause de nombreux défauts de cache et la reconnaissance des caractères laisse encore à désirer. Le truc le plus décevant c'est qu'après presque 4 mois à lire hiraganas et katakanas quotidiennement, je ne sois pas encore capable de les déchiffrer à vitesse raisonnable. En conversation, il m'est encore très pénible de suivre, et ne parlons même pas de formuler des phrases correctes en temps réel. Résultat : c'est un bon pas, mais ce n'est que le premier... j'espère juste que les suivants seront plus valorisants. En attendant, il va falloir ganbatter à fond.
Quand même, la classe (日本語1ーA ou nihongo 1-A si vous préférez) était vraiment sympa, ça restera un très bon souvenir d'ici. Les enseignants étaient tout bonnement parfaits, je pouvais dire toutes les conneries que je voulais et on m'apprenait à les dire correctement en japonais. On s'est mis d'accord pour continuer à suivre les cours en niveau 3 à la rentrée d'octobre, même si on ne sera probablement pas tous dans la même classe, et pour se taper Fuji (le mont, hein) mardi prochain. J'espère que le temps sera au rendez-vous.
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