De retour sur le terrain de la culture japonaise, grâce à une idée de Camille qui m'a poussé à aller voir d'un peu plus près la vie estudiantine.
Le vidéocast de cette fois-ci a en effet pour sujet un évènement assez unique : le sotsugyoushiki (卒業式) ou cérémonie de remise des diplômes d'une université japonaise. Rien de vraiment unique à première vue? Recevoir son diplôme au Japon est synonyme de grande fête, où les filles revêtent le hakama et les garçons leur plus beau costume. Mais ce qui rend cette expérience unique, c'est de l'avoir vue faire à l'université Waseda.
Je me dois de m'excuser, car j'ai pris pas mal de retard sur
le blog. Une pile énorme de vidéos à
monter et de textes à écrire, vous n'allez pas
vous ennuyer dans les prochains jours. Aujourd'hui, je
décharge un peu la liste avec la rentrée scolaire
qui a eu lieu il y a deux semaines. Les Japonais aiment
l'école, et encore plus l'université. Ce n'est
pas que les cours soient plus intéressants qu'ailleurs,
d'autant plus qu'ici l'apprentissage se base essentiellement sur
des quantités phénoménales de choses
à retenir. C'est surtout que l'école et
l'université offrent une vie sociale des plus
trépidantes.
Car en dehors des heures de cours, qui ne sont pas si
conséquentes à ce qu'on m'a dit, il y a les
clubs. Vous me direz qu'on a aussi des clubs universitaires en France,
mais leur poids et l'implication des étudiants ne sont pas
du tout les mêmes. Ici, chaque étudiant fait
partie d'un ou plusieurs clubs, et l'investissement est quasi-quotidien.
Il existe donc des dizaines de clubs différents
à l'échelle d'une grande université
comme Waseda. Les classiques sports, musique, mais
également mécanique, aviation, cinéma,
... À la rentrée, on se rend compte de leur
importance. Voici une petite vidéo non coupée et
non éditée d'une ballade sur le campus
Nishi-Waseda lors de la semaine de rentrée. Vous pouvez voir
tous les stands des différents clubs qui essaient d'attirer
les candidats. Avec quelques originalités si vous avez
l'œil...
Bientôt, vous découvrirez
aussi comment les clubs font sortir leurs membres de l'université une fois le diplôme
obtenu,
et je vous garantis que c'est pas triste...
J'ai souvent remarqué qu'au Japon, l'excès de créativité était réprimé. Y compris dans des circonstances très anodines. Tels les chats, les japonais aiment à prendre toujours le même chemin et tout changement est accueilli avec suspicion.
L'université de Waseda est "en vacances" : cela signifie qu'il n'y a pas cours, que certains accès sont fermés, mais d'autres accès secondaires restent ouverts pour que les personnels puissent venir travailler.
Sur mon campus, le portail principal est condamné et on doit utiliser un autre passage, situé juste derrière un long talus qu'il faut contourner. Ce que tout le monde faisait tranquillement jusqu'à ce qu'un con de Gaijin remarqua qu'il y a un trou dans le talus juste en face de l'entrée qui transformait l'épingle à cheveux en ligne droite. Par cette chaleur, la moindre économie d'énergie étant la bienvenue, il se décida à l'employer et très vite, voyant qu'il ne s'était pas fait foudroyer, tout le monde se mit à utiliser ce passage secret salvateur.
Le petit manège dura une bonne semaine, jusqu'à hier matin :
Damned! Mais pourquoi? Ont-ils à ce point peur qu'on s'empale contre une épine de rosier?
Du coup je suis en train de calculer s'il est plus rentable de se conformer ou de sauter au-dessus (pas au dessus de la barrière mais juste à côté, il faut respecter l'autorité). Expérience d'autant plus intéressante que je serais curieux de voir la contre-mesure cette fois-ci.
En entrant dans la salle informatique de Waseda le matin, il est courant de voir 40 à 50% des étudiants qui occupent un poste en train de dormir sur leur chaise. À cette heure-ci, ce n'est pas très grave vu qu'il y a toujours des postes de libres, et c'est vrai que c'est l'endroit le plus calme (et surtout le seul accessible avant 8h!). Il n'y a pas mort d'homme mais ça surprend un peu quand même. Ce matin j'ai été encore plus surpris que d'habitude en me dirigeant vers un poste apparamment libre :
La photo est floue et je m'en excuse, mais je n'avais pas envie d'utiliser le flash de peur de réveiller ce brave gaillard qui s'était improvisé un futon sous la table. Le sac en guise d'oreiller, les chaussures sur le côté, le portable en guise de réveil, et un accès au net permanent... Mais pourquoi je m'embête à payer un loyer?
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