Shibuya

Le shamisen qui me démange...

Incroyable, ça faisait des mois que je n'avais pas vu d'artiste de rue à Tokyo! Mais si j'en crois la tendance de cette année, les autorités semblent avoir décidé de mettre un terme à l'anarchie artistique qui régnait dans les rues de la capitale ces derniers temps. Fini donc les rockers pour otakus d'Akiba, les petites chanteuses de music-hall, et les bonos en herbe, la police, généralement située à quelques mètres de leurs lieux de performance (souvent les sorties de gares), semble avoir reçu pour consigne de leur demander de déguerpir. :(

Mais par chance, elle semble avoir été impressionnée par les nombreux tatouages (et vous savez qu'au Japon, porter un tatouage n'est pas un bon signe :D) de ce joueur de Shamisen occupé à jouer au rythme du passage des bus et des badauds devant la sortie ouest de la gare de Shibuya.

Le Shamisen et le Taiko, ce sont les deux instruments japonais que je kiffe vraiment. Le second retourne les tripes, le premier sent bon les plages d'Okinawa et joue un rôle important dans l'expression de la culture japonaise (la corde ainsi que l'outil servant à pincer les cordes sont même utilisés comme arme par les shigoto-nins! Sticking out tongue). Et son succès dépasse les simples artistes de rue: toujours très utilisé dans l'Enka (comme par exemple ici), il reste populaire dans les genres musicaux plus contemporains, et on le retrouve même dans la musique de musique de jeu vidéo. Mais admirez plutôt cette performance des frères Yoshida qui ont accompli ce qui équivaudrait chez nous à introduire un Luth dans un groupe de rock sans passer pour un ringard. Sticking out tongue

Et l'avenir de l'instrument semble assuré puisque le shamisen electrique a récemment été inventé! Mais à moins de lui changer la forme, je ne lui prévois malheureusement pas un grand avenir dans le monde du hard-rock...

Shibuya, 3am

Shibuya, 3am

« Mais qu'est-ce que tu fous là à cette heure? » Me demanderez-vous. Ce que font toutes les andouilles qui ont raté le dernier train après s'être rendu à une soirée (au passage fort sympathique m(__)m) : glander en attendant le premier train de 4h30 au Starbucks donnant sur le fameux carrefour en face de la gare, pour siroter un Matcha Latte en se posant des questions essentielles comme :

  • Pourquoi tous les taxis japonais ont-ils la même forme?
  • Pourquoi n'y a-t-il qu'un seul passage piéton diagonal sur le carrefour?
  • Pourquoi, oh pourquoi les Japonaises se donnent-elles tant de mal pour marcher de travers? Pleure
  • ... quant aux quelques-unes qui marchent droit, est-ce parce qu'elles sont ivres? Puzzled

Autant de questions auxquelles je n'ai malheureusement pas trouvé de réponse... d'ailleurs je doute fort qu'il y en ait une pour les deux dernières. Blasé

Les cocktails de l'Alcatraz

On était entré dans le thème récemment, on va encore y rester. Si vous me connaissez un tant soit peu et que vous me faites l'honneur d'une visite, il y a des chances que je vous témoigne mon amitié en vous emmenant faire un petit tour à l'Alcatraz, le fameux bar/prison médicale de Shibuya, où je ne manquerai pas de glisser discrètement à la serveuse votre envie de vous faire soigner selon la médecine locale.

Une sortie à l'Alcatraz, c'est l'assurance de passer une soirée relaxante dans un cadre sobre et agréable, le tout agrémenté d'animations fleurant le bon goût. Lors de ma première visite, je n'avais pas détaillé les délicieux cocktails proposés par ce respectable établissement, véritables expressions de la finesse et du zen Japonais. Ce malencontreux oubli est désormais réparé avec la vidéo qui suit, présentant deux cocktails originaux, le "Polident" et le "Hitori Asobi".

Ya pas à dire, on sent l'influence profonde de la cérémonie du thé dans ce rituel sobre et raffiné. Et si vous voulez voir les autres boissons, elles sont visibles sur la page dédiée de leur site web.

Le jour des emmerdeurs

Aujourd'hui, on va arrêter de parler de conneries et faire un article de fond. Enfin, quand je dis arrêter de parler de conneries, je vous laisse seuls juges : on va parler religion.

Un dimanche de la fin du mois de décembre (oui je sais, ça fait longtemps déjà), j'ai pu assister à un spectacle qui m'était plutôt inhabituel ici, devant la gare de Shibuya :

Christian missionaries in Shibuya
"La résurrection du Christ est l'espoir de l'humanité."

Christian missionaries in Shibuya
"Réfléchis à ta destination après la mort!"

À côté de ces personnes, des hauts parleurs diffusent les mêmes messages, en pleine rue. Les quatre coins du carrefour étant tenus par ces porte-pancartes, la foule qui sort de la gare de Shibuya n'a absolument aucune chance d'échapper à leur contact sonore ou visuel. Ils n'étaient par ailleurs pas les seuls puisque l'extrême-droite Japonaise se trouvait tout près de la statue d'Hachiko, diffusant comme à son habitude sa vision très personnelle du monde et de l'histoire.

Ce qui est frappant, c'est d'une part de noter qu'une telle nuisance sonore et intellectuelle soit tolérée, et d'autre part de constater combien elle est ignorée par les badauds. Je pense que cette attitude indifférente s'illustre très bien par une petite anecdote.

Bonne année 2009!

Déjà le nouvel an! Pour le passage à minuit, direction Shibuya avec l'idée d'improviser - et je ne croyais pas si bien dire. Le fait est que nous n'étions bien entendu pas les seuls à avoir choisi cet endroit pour l'évènement, et les bars et clubs étaient tous squattés par les spécimens les plus fins et les plus alcoolisés d'expatriés anglo-saxons. Pas trop mon truc. Ce qui fait que peu avant minuit j'en étais encore à errer autour de la gare. Et c'était en fait exactement là qu'il fallait être! Malgré l'avertissement des autorités qu'il n'y aurait pas de décompte cette année, de nombreux badauds s'y sont réunis et ont improvisé leur petite fête pour le passage à l'année de la vache. Beaucoup de Japonais, beaucoup d'étrangers, une ambiance cosmopolite très bon enfant et décomplexée devant les yeux ahuris des policiers qui ne comprenaient pas pourquoi personne n'obéissait à leurs consignes.

Voici quelques minutes de cet instant rare durant lequel les murs de défense des Japonais ont sauté, ya pas à dire, c'était bien mieux que d'être enfermé dans un sous-sol enfumé avec pour seule compagnie une bande de touristes Anglais bourrés et bagarreurs.

Bonne année 2009 à tous!

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