Kyoto

Gion - Plongée dans le temps

Continuons notre visite du côté de Kyoto avec Gion, le quartier des Geiko (terme synonyme de Geisha employé à Kyoto).

Gion

Quartier historique préservé, dont certaines maisons ont gardé le style traditionnel des machiya, Gion n'est pas seulement un endroit incontournable du Japon, c'est aussi un lieux qu'il faut revenir voir plusieurs fois, de jour, de nuit, par temps ensoleillé ou sous la pluie...

Gion

Le Gion du jour laisse découvrir un quartier traditionnel préservé, avec un côté presque campagnard au coeur de Kyoto, idéal pour se ballader, admirer l'architecture unique, déguster un bon thé et visiter les temples.

Gion

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Le Gion de nuit offre un autre spectacle, laissant apparaître des détails jusqu'alors inconnus. Perdez-vous au plus profond du quartier, là où le temps s'efface, et l'ambiance devient graduellement opressante : les silhouettes de vieilles bâtisses semblent vouloir avaler l'anachronisme que nous sommes ; et des ruelles étroites l'on s'attend à voir surgir une sections du féroce Shinsengumi...

Gion

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Mais les lampions et autres accessoires électriques sont là pour nous rappeler à la modernité.

Gion

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Ouups... C'est pô ma faute!

Mais si vous êtes venu à Gion, vous aviez certainement une idée en tête : croiser une ou deux Maiko, les apprenties Geiko!

Gion

Les Maiko (et plus rarement les Geiko) sont visibles dans les rues, mais seulement de façon très furtives. Elles se dirigent en effet soit vers l'établissement qui a demandé leur présence, soit vers le taxi qui doit les emmener vers leur client.

Dit comme ça, ça sonne un peu comme une prostipute, mais la réalité se situe généralement loin de cette image. Geiko signifie "fille des arts". Avant de devenir Geiko, une Maiko (apprentie) devait passer par une longue éducation comprenant la danse, la musique, et la conversation. Durant cette période, elle était hébergée et nourrie dans une "Okiya", un établissement dédié à l'éducation des Maiko. De nos jours, la rareté des candidates fait qu'il est maintenant possible de devenir Geiko après une simple année d'apprentissage! Mais les Geiko et Maiko réputées sont celles qui sont passées par l'apprentissage traditionnel.

Outre la danse et la culture, il est attendu d'une Geiko qu'elle soit "amai" (infantile), fasse ressortir le bon côté de son client tout en le divertissant. À cette fin, il n'est pas rare que la Geiko jour avec ses clients, avec un panel d'activités allant du Shogi (échecs japonais) à des jeux totalement infantiles - qui prennent généralement place en fin de soirée, quand tout le monde est bourré.

Dans l'imaginaire collectif, Geisha et prostitution sont reliés, et même au Japon la barrière est assez floue. Cependant, si certaines prostituées se déguisent en Geisha, une véritable professionnelle ne franchira pas la barrière charnelle avec son client. La confusion est entretenue par le fait que le flirt léger fasse partie du panel d'activités visant à distraire les clients, suggérant qu'il puisse se passer plus en fin de soirée... Mais il n'en est rien.

L'accès au monde des Geiko était, jusqu'il y peu, très réservé. Une introduction par un habitué était obligatoire, faute de quoi le visiteur se faisait refuser l'entrée - et ce quelle que soit la somme d'argent (généralement énorme) qu'il s'apprétait à dépenser. Certains établissements respectent toujours cette règle, mais crise oblige beaucoup proposent des évènements plus accessibles où des groupes de quidams peuvent apprécier les prestations d'une Maiko. La difficulté qu'il y a à se faire accepter dans un véritable établissement à Maiko est bien illustrée par le film "Maiko haaaan", comédie très drôle sur une espèce d'otaku des Geiko qui part à Kyoto dans le but de réaliser son rêve : faire une partie de Yakyuken avec l'une d'entre elles. Pour ceux qui ne savent pas, le Yakyuken n'est pas le nom d'une technique de Street Fighter, mais plutôt une version strip-poker du populaire pierre-ciseaux-papier.

Les restaurants et autres établissements invitant des Maiko présentent à leur entrée des plaques en bois indiquent les noms des filles présentes.

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Une fois entré et installé (réservation obligatoire, et attention car le Kyaku Sama n'existe plus ici - vous êtes redevable à l'établissement de pouvoir assister au spectable), la Maiko fait son entrée, se présente et commence sa prestation.

Le spectacle reste simple selon les standards actuels - après une séance de danse, préparation du thé et service aux invités. S'ensuit une petite discussion, éventuellement quelques jeux, séance photo et hop! Tout le monde dehors.

Une chose en tout cas est claire, et probablement mal rendue par les photos : être Maiko, c'est un art.

Gion

... et un art difficile, si l'on en juge par le regard de son Okami qui ne manquera pas de faire un debriefing complet et critique à son élève.

Gion
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Gion Gion
Gion Gion

Gion

Ya pas à dire, ça a quand même plus de classe que Zahia D.!

Aujourd'hui, l'ouverture du monde des Geisha révèle les difficultés que traverse ce milieu. Outre la crise de vocations, le nombre de clients suffisamment aisés et cultivés pour pouvoir se permettre la compagnie d'une Maiko et apprécier pleinement sa présence se fait de plus en plus petit. On estime qu'il reste entre 1.000 et 2.000 Gaisha et Maiko au Japon, contre plus de 80.000 dans les année 20. Faut-il y voir la mort d'une partie de la culture japonaise?

The last 10 seconds

Les apparences semblent aller dans ce sens, et la question m'a quelque peu torturé l'esprit. Cependant, assister au spectacle m'a laissé une certaine impression de déjà vu. Impossible de savoir où et quand, mais bien que c'était la première fois que j'étais en présence d'une Maiko, j'avais la certitude d'avoir déjà assisté à quelque chose de similaire. Voyons... Une fille habillée de façon originale, aux petits soins pour ses invités généralement masculins, qui sert à boire, se comporte de façon infantile et fait moultes jeux avec ses clients... Où est-ce que j'ai déjà vu ça?

Promotional Maid

Eh oui! Ne le dites surtout pas aux Maiko de Gion, mais les Maid cafés sont bel et bien la continuation moderne (certains emploieront plutôt le mot déviance) de la culture Geiko. Les différences sont bien sûr nombreuses, et tous les Japonais à qui j'ai fièrement fait part de cette analogie en étaient surpris - mais pour moi il n'y a aucun doute. Au lieu de Matcha vous boirez un Coca, et le Jan-ken-po a été remplacé par une Playstation, mais la façon de parler toute naïve et sucrée, le "flirt", les prestations artistiques (au sujet desquelles les Maid cafés sont parfois sous-estimés), ... Tout est là. Et contrairement aux riches patrons d'entreprises, la période économique troublée ne risque pas de créer une pénurie d'otakus!

Gion

Pas de p'tit dej avant vos prières du matin

Dans la série: "les slogans en français ça fait cool et tant pis pour les connotations douteuses", voici une boulangerie de Kyoto qui a le bon goût de rappeler le fidèle à ses obligations religieuses!

Kyoto boulangerie

Merci, mais je crois que je vais juste prendre le croissant... Sticking out tongue

Kyoto again

Kyoto streets

Eh oui, toujours en mode touriste... J'ai une nouvelle fois posé le regard sur Kyoto, ses temples et ses petites ruelles.

Kyoto streets
Kyoto streets
Nishiki market

Grâce à la grippe porcine qui était arrivée à Osaka et Kyoto pile à ce moment-là et à l'anxiété des Japonais, la ville était inhabituellement déserte de ses touristes... Lors de l'achat des billets de train, l'agence de voyage m'a demandé deux fois si j'étais sûr de vouloir y aller, et les informations montraient des tour-opérateurs qui devaient faire face à une effroyable série d'annulations. Énorme avantage pour le Gaijin inconscient que je suis, il n'y avait vraiment pas foule, et j'ai même pu prendre une photo du Kinkaku-ji sans qu'il y ait trois Allemands et quinze Chinois dessus!

Kinkaku-ji

Par rapport à ma première visite, j'ai donc pu apprécier l'ambiance des lieux historiques de Kyoto quand la foule est absente. Il n'y a pas à dire, que ce soit les temples ou les jardins, il faut un minimum de calme pour pouvoir en profiter. Je me repète, mais si vous comptez visiter le Japon, essayez de venir pendant la saison creuse (et pour les endroits comme Kyoto qui ne connaissent pas de saison creuse, pensez à venir en période de phobie collective, comme ça arrive assez souvent ici).

Nijo Castle

Parmis tous les temples, châteaux et jardins, le Kiyomizu-dera est définitivement mon endroit préféré à Kyoto. Les bâtiments resplendissent du rouge que j'aime tant, les structures en bois sont magnifiques et franchement, ce temple a une présence unique.

Kiyomizu-Dera
Kiyomizu-Dera
Kiyomizu-Dera
Kiyomizu-Dera
Kiyomizu-Dera

Les rues alentours, certes très commerçantes, n'en restent pas moins charmantes.

Around Kiyomizu-Dera
Around Kiyomizu-Dera
Around Kiyomizu-Dera
Around Kiyomizu-Dera

Kiyomizu-Dera

Et le folklore local est également sympa. La personne ci-dessous s'essaie à une tradition fort connue : parcourir les 18 mètres séparant les deux "pierres d'amour" (la première est derrière lui) les yeux bandés, et sans assistance. S'il parvient à atteindre la deuxième pierre, ses vœux d'amour s'exauceront.

Kiyomizu-Dera

Ben j'espère juste que sa main droite fonctionne bien, parce que vu l'endroit où il est arrivé il risque d'en avoir encore besoin un bon moment!

La messe bouddhiste

Un autre petit souvenir de Kyoto... Quelques secondes de vidéo volées pendant une cérémonie bouddhiste au temple Nishi-Honganji.

Ben, c'est aussi chiant que la messe chrétienne, mais au moins on n'y menace personne d'aller cramer en enfer.

Charlie et la Ankolaterie

Un petit souvenir vidéo de Kyoto... Dans cette ville hautement touristique, les magasins proposant cadeaux et autres Omiyage sont comme on peut s'y attendre fort nombreux. Celui-ci propose les classiques Dorayakis, un vrai régal bourré d'Anko, ingrédient qui vient concurrencer le chocolat noir extra-fort comme anti-dépresseur hallucinogène. Sauf qu'en plus on peut voir les nains dans l'arrière boutique qui travaillent comme des damnés pour préparer la précieuse confiserie. On entendrait presque la musique : ♩ Willy Wonka, Willy Wonka, ... ♩

PS : en revoyant cette vidéo je suis pris d'un doute... à voir l'accoutrement des travailleurs en arrière-plan, on pourrait également penser à un laboratoire clandestin de fabrication de drogue (ce qui confirmerait ma classification de l'Anko parmi les drogues dures). Mais je préfère néanmoins l'analogie pure et naïve avec Charlie et la Chocolaterie, pour la simple raison qu'elle fait naître en moi un rêve secret : Ah, si je pouvais moi aussi trouver le billet doré et avoir droit à une visite dans l'usine à Chinpocolat...

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