Et ma tête, vous l'avez retrouvée?

« Ahhhh! Shimatta~! Putain! »

Je me disais bien que je me sentais plus léger en descendant du train qu'en y montant. Et c'est en le voyant s'éloigner indifféremment que je me suis rendu compte que j'y avais laissé mon sac dans le porte-bagage... Dedans, mon keikogi et mes vieilles tabis puantes, ça c'est remplaçable, mais surtout ma précieuse ceinture, réceptacle de mes larmes et de ma sueur, témoin des centaines d'heures passées sur le tatami, que j'avais reçue des mains de Sensei! Pleure

C'est l'estomac noué et maudissant mon étourderie que je m'adresse la voix tremblante à l'employée de gare, lui détaillant ma situation. Elle prend juste l'heure à laquelle mon train est parti, la description de mon sac et mon numéro de téléphone, et me promet qu'on me contactera dès que le train sera arrivé à destination. C'est à dire à Ofuna, à un bon 80 kilomètres de là.

Très franchement, j'avais rempli la procédure pour la forme et ne nourrissais que peu d'espoir de retrouver mon sac et son contenu. Mais en fait, je venais sans le savoir de mettre le doigt dans le système des objets perdus japonais, une machine vieille de près de 1300 ans.

C'est en effet en 718 que la première loi japonaise sur les objets perdus a été émise, codifiant le comportement à adopter en cas de découverte d'un objet apparamment sans propriétaire. Elle spécifiait qu'un objet trouvé ne pouvait en aucun cas devenir la propriété de son découvreur, et devait être remis aux autorités dans les 5 jours suivant la découverte. Au bout d'un an, les objets non-réclamés passaient entre les mains du gouvernement, leur possesseur légitime pouvant toujours prétendre les récupérer s'ils n'avaient pas été consommés.

Ce code a évolué avec le temps, pour notamment permettre aux découvreurs d'objets de prétendre à une partie de leur valeur en guise de récompense. Les fraudeurs à ce système étaient sévèrement punis : on peut ainsi trouver des histoires rapportant que des citoyens indélicats qui n'avaient pas remis aux autorités un colis qu'ils avaient trouvé furent purement et simplement condamnés à mort.

De nos jours, le système a encore évolué et permet aux découvreurs de devenir propriétaire de l'objet trouvé après un certain délai, pourvu qu'ils le transmettent aux autorités dans les 7 jours. Autre évolution mineure, l'exécution des fraudeurs en place publique semble également ne plus être d'actualité.

Cette petite note historique me semble nécessaire pour comprendre l'attitude des Japonais par rapport aux objets trouvés. Une attitude qui semble hallucinante pour nous autres, mais qui s'explique probablement par l'influence historique que ces lois pour le moins sévères ont eu sur l'inconscient collectif. Continuons mon aventure pour mieux comprendre.

Quelques heures après ma perte, je reçois un coup de fil d'un employé de la gare d'Ofuna s'excusant platement car mon sac n'a pas été retrouvé malgré une recherche approfondie. Bon, j'avais déjà fait une croix sur mes affaires, et ça me servira de leçon. :( Néammoins, mon interlocuteur semblait particulièrement étonné et m'a conseillé - on ne sait jamais - d'aller au bureau des objets trouvés de la gare la plus proche de chez moi (Omiya) pour y faire une recherche. Soit, je m'y rend le lendemain matin.

Là-bas, un autre employé reprend mon nom et la description de mon sac. Il s'éloigne quelques secondes et revient... avec mon bien entre les mains. Outre la bonne surprise de voir que mon sac n'a été ni volé, ni explosé par la section anti-terroriste après que le train ait été évacué (en bon Français je redoutais ce scénario), que dire de cela : au lieu de devoir aller chercher mon bien à pétaouchnoque, voilà qu'il est revenu gentiment de lui-même dans la ville où j'habite, alors que mon adresse n'y figure même pas! 0_0

L'explication la plus plausible est qu'un autre voyageur, m'ayant vu monter dans le train avec mon sac et descendre sans lui une station plus tard, a lui-même été le porter aux employés de la JR en leur indiquant la gare où j'étais monté. Cela implique également que mon sac n'a pas été remis très loin d'Omiya, et donc que - probablement - mon bienfaiteur soit descendu exprès à la station suivante et ait donc pris sur son temps pour accomplir sa bonne action.

Tout en me pinçant pour m'assurer que je ne rêve pas, je signe le papier confirmant que j'ai recupéré mon bien, et repars après un remerciement sincère, le cœur léger et sans rien avoir à payer.

C'est ainsi que ça se passe au Japon : la tradition sur les objets trouvés est tellement ancrée dans les mœurs qu'il ne viendrait à personne l'idée de se dire, à propos d'un objet trouvé dans la rue, « je l'ai trouvé, donc c'est à moi ». La meilleure illustration de cet état d'esprit est ce fait divers qui a fait couler beaucoup d'encre il y a deux ans : de mystérieux mécènes abandonnaient dans des lieux publics des petites fortunes parfois accompagnées d'un mot encourageant leur découvreur à utiliser cet argent pour leur épanouissement personnel. Difficile de faire plus clair comme don, non? Eh bien la grande majorité de ces donations ont purement et simplement été rapportées au commissariat, par des gens ayant trouvé parfois jusqu'à l'équivalent de 60.000 (soixante-mille!! Zinzin) euros dans leur boîte aux lettres et qui ont eu le sang-froid de ne pas garder cet argent. Imaginez juste que ça vous arrive et quelle serait votre réaction...

Je vous entend déjà commenter : « c'est con ». Non, c'est honnête, on me rétorquera que la différence est minime et c'est peut-être vrai, mais ses conséquences sont importantes. C'est ainsi que le Japon est probablement l'un des seuls pays au monde où l'on peut perdre son porte-monnaie ou son téléphone portable et être à peu près certain de les retrouver en l'état dans la journée qui suit - d'une part, parce que le système des objets trouvés est d'une efficacité redoutable, avec des centres de stockages et des bases de données énormes qui permettent de retrouver un objet à partir d'une description sommaire et d'une date estimée de perte ; mais surtout en raison de l'intransigente rectitude de ses citoyens.

À ceux qui me diront que j'ai eu de la chance, sachez que ma conscience professionnelle (ahem Blasé) m'a poussé à confirmer ma bonne fortune : quelques semaines plus tard, toujours avec ce même sac maudit, je change de train à mi-parcours pour en prendre un plus rapide. Bien évidemment, je l'oublie encore dans le wagon. Rebolote, je vais voir l'employé de la JR et à nouveau, je récupère mon bien quelques heures plus tard (ils font pas une carte de fidélité?). Plus fort encore, l'employé a téléphoné à la gare suivante pour demander à l'un de ses collègues de vérifier si mon sac se trouvait dans le wagon où je pensais être - mais je lui avais indiqué la mauvaise voiture.

Tout cela avec un professionnalisme impeccable, sans l'ombre d'un reproche pour l'étourdi que je suis, d'ailleurs encore un peu et je l'aurais engueulé tellement il me donnait l'impression que c'était lui qui avait oublié mon sac dans le train.

Finalement, la seule chose que l'on puisse perdre et ne pas retrouver au Japon, c'est son pucelage - et c'est sans doute pour cela que les candidats étrangers au profil de Bob-la-loose sont si nombreux en cette période estivale... Mais c'est une autre histoire.

Références :The New York Times - Never Lots, but Found Daily: Japanese Honesty et sa page Digg dont je conseille les commentaires si vous comprenez l'anglais, notamment pour avoir quelques bonnes anecdotes sur la mentalité américaine par rapport aux objets trouvés Evil (sans prétendre que la mentalité française soit meilleure à ce sujet...).

Commentaires

Bel éloge du système des

Portrait de Anonyme

Bel éloge du système des "wasureru mono", dommage que l'inverse ne soit pas vrai : des amis japonais ayant oublié un appareil photo dans le train ici ne l'ont jamais revu...

Le passage sur les mystérieux mécènes me fait directement penser à la nouvelle de Kiyotaro Nishimura "Le jeu de la charité" parue dans "Petits crimes japonais". Si vous avez l'occasion de la lire, je vous la recommande vivement.

Beau

Portrait de auron1007

Sa change de la France c'est sur. ^^

Ta même pas besoin de l'oublié on vien te le piquer. :)

"le Japon est probablement

Portrait de Anonyme

"le Japon est probablement l'un des seuls pays au monde où l'on peut perdre son porte-monnaie ou son téléphone portable et être à peu près certain de les retrouver en l'état dans la journée qui suit" - Je confirme : il m'est arrivé une fois d'oublier mon keitai sur mon siège dans le train. Je suis sortie, j'ai du changer de quai.. et au moment de monter dans l'autre train, je me suis rendue compte que je n'avais vraiment pas mon keitai. J'ai couru au guichet, sans trop d'espoir (le train était déjà parti)... Et on m'a demandé si mon keitai était blanc : je confirme, et le mec me l'a rendu ; quelqu'un avait du aller le porter aussitôt. Là aussi, j'ai halluciné !

souvenir...

Portrait de Anonyme

Je me rappele avoir oublié il y a un moment de cela ma pochette (format raisin) avec tout mes croquis et autre dans le RER B (le pire !!!). le soir même en rentrant chez moi l'épaule légère ^^ je télophone de service ratp en service sncf (et oui puisque le terinus de ma ligne se situe en zone sncf ce qui simplifie grandement les choses... è_é) au final on me demandait d'appeller au service des objets trouver sur Paris, qui me dis qu'il ne l'a pas mais me demande de passer genre une semaine plus tard... Quand j'y suis allé (à 1h15 de chez moi...) un guichetier m'a fait comprendre qu'il ne l'avait pas... vous pouviez pas m'appeller pour me le dire non ?!!!

Résultat, même une pochette noir de dessin avec des croquis et des stylos peut être volé à Paris...

 

Aïe Aïe Aïe!!! 1+0= .... rhaaa c'est trop dur je ne pourais pas posté mon commentaire !!!

ah ben si en fait ;p

Voix du Nord

Portrait de Anonyme

J'en ai perdu des choses dans le train... notamment des lecteurs mp3 commandés à Singapour, qui coutaient les yeux de la tête, jamais retrouvés évidemment...

J'ai perdu il y a cinq ans mon portefeuille dans le TGV avec tout dedans, papier, argent, etc.

Sans nouvelles depuis un mois, on téléphone à la fille que je venais de rencontrer qui me prévient à son tour : il fallait aller chercher le portfeuille au siège social de la Voix du Nord à Lille. C'est le directeur, très grand parait-il- qui l'avait retrouvé dans le porte bagage au dessus des sièges. On avait trouvé le numéro de ma copine à l'intérieur. Il y avait tout dedans, même de l'argent liquide mais on avait volé un petit morceau de pietersite et un oeil de tigre sans valeur (2€). Depuis j'ai toujours le portfeuille et la petite amie... Il y a encore quelques personnes (presque) honnêtes en France.

Bravo pour le blog dont je lis les billets toujours avec plaisir.

Autre exemple, nouvel an, au

Portrait de Anonyme

Autre exemple, nouvel an, au temple proche de la tour de tokyo avec des potes.

Noir de monde, l'une des personnes perd son appareil photo.

Une foi la nouvelle année arivée, on voit a la sortie une voiture de police. Sans aucun espoir, on leur demande si jamais ils l'auraient pas trouvé.

A notre grande surprise ils l'avaient, et on a pu le récupérer...

Magnifique post

Portrait de Anonyme

Dabord je dois te dire un grand merci pour tes posts et pour celui là en particulier. trés intéréssants à lire, et trés bien construit.

Ensuite, soyons clair, non, c'est pas "con", c'est précisement ce genre de chose qui m'ont donné l'impression d'être dans un pays plus civiliser que le mien, lorsque j'ai fais un (trop bref) séjour dans le pays des samouraïs. Pourtant j'avais déjà euh l'occasion de visiter différents coins de l'europe et d'amérique du nord. Mais je n'avais jamais eu ce sentiment jusqu'à mon séjour au Japon.

Ceci dit, il m'est aussi arrivé, en France, de recevoir par courrier postal, un porte-feuille que j'avais perdu dans le métro parisien. Pas de mots, pas d'expéditeur, plus d'argent liquide (je ne transportais pas une fortune non plus), mais j'étais bien content de retrouver tout mes papiers d'identités, permis de conduire, carte bleu,...

Mais voilà, le fait est que je m'étais précipité pour faire opposition pour ma carte, et que je me préparais à passer la matinée (en espérant que ce ne serait pas davantage) au guichet de ma préfecture pour obtenir un nouveau petit papier rose.

Car, en toute bonne fois, nous n'avons pas, en occident, ce "niveau de civilisation" qui nous permet d'espérer mieux que "la loi de la jungle" lorsqu'on perd quelque chose en France ou ailleur en occident. Pourtant ce sont à mes yeux ces éléments de respects mutuels et de bon sens civique qui permettent de bâtir des sociétés humaines viables et simplement vivables.

Donc non, c'est pas "con" de rendre les objets perdus, c'est seulement du savoir vivre...

Oh là, on se calme !

Portrait de Anonyme

OK, moi aussi, ça m'est arrivé d'oublier quelque chose (des lunettes, hein? c'est con!) dans le train au Japon. Je demande, la mort dans l'âme (c'est vrai, sans lunettes on est quelquefois embêté) au guichet de la gare s'il est possible de faire quelque chose. Un petit coup de fil à la gare suivante (80km, toutes les gares sont à 80km l'une de l'autre ou bien j'étais sur la même ligne qu'Alex) et mes lunettes ont fait le chemin dans l'autre sens grâce au dévouement d'un employé de la JR de la gare distante.

Je perds mes lunettes en France, je peux aussi bien aller chez Afflelou direct, pas vrai ?

Qu'en conclure ? Que les français sont d'indecrottables malhonnêtes (les américains, ça se discute. Je pense qu'ils tiennent ça des anglais) ? C'est sûr que les lunettes, ça a une grosse valeur marchande. Y'a qu'à faire une recherche sur ebay...

Non, la différence principale tient à l'organisation : Quand on trouve quelque chose d'égaré en France, il n'est pas toujours aisé de savoir à qui le remettre. Et la personne au guichet qui le reçoit ? Sait-elle seulement qu'en faire ?

Au Japon, 問題ない ! Direct au guichet de la gare (c'est fou ce qu'on perd dans une gare...) sinon au 交番. J'en ai fait l'expérience : il faut juste être prêt à passer un peu de temps en déposition.

En France aussi les gens rapportent les objets précieux. Mais les malheureux propriétaires ne savent pas où aller les chercher.

PS : Alex, ne te tatamise pas trop : il y a aussi des arnaqueurs au Japon. Tu n'as jamais vu Kurosagi ? Ah bas non, tu n'as pas la télé (un bon point).

Entièrement d'accord avec

Portrait de Anonyme

Entièrement d'accord avec Gilloup.

Et je salue bien bas l'honnêteté nipponne.

Vrai qu'ici on ira plutôt t'aider à perdre tes affaires qu'à les retrouver. En plus, pensez: j'habite à Marseille...

Pourtant moi j'ai perdu mon

Portrait de Anonyme

Pourtant moi j'ai perdu mon porte monnaie avec carte bleue, carte d'identité ect

je suis allée à la police j'ai donné mon numéro de téléphone et on m'a jamais rappelé (_ _)

enfin bon c'était à shibuya, peut-etre que c'est un peu trop fréquenté pour espérer le retrouver...

Et bien le week end dernier

Portrait de Anonyme

Et bien le week end dernier je n'ai pas eu autant de chance que toi, j'ai eu l'étourderie d'oublier mon portefeuille dans les vestaires de ma salle de gym (vers Kappabashi) et je dois dire qu'étant justement plutôt habitué à l'honneteté japonaise face aux objets trouvés je ne me suis fait aucun soucis, en me disant "c'est bon j'irai me renseigner demain dès l'ouverture et basta...", après que l'on m'ait envoyé au commisseriat où mon portefeuille avait été déposé, suprise : le portefeuille était certe là, avec mon AlienCard, ma visa  etc, et... plus un Yen. A croire que le type qui l'a trouvé c'est dit qu'il se récompenserait tout seul...chose qui ne m'aurait pas du tout choqué en France mais qui ici m'a vraiment surpris,  du coup attention, il y a des exceptions à la régle...

Et comme quoi...

Portrait de Alex

Et comme quoi il y a aussi des gens honnêtes en France:

Cent mille euros dans des détritus au Bricorama de Saint-André

Hé oui !

Portrait de Anonyme

Je l'avais bien dit.

D'un autre côté, c'est vrai que ça se passe dans une région où les gens sont taditionnellement sympa. Je crois que c'est plus fort qu'eux.

Est-ce qu'on peut généraliser ça aux français ?

En Corée aussi ...

Portrait de Anonyme

j'ai pu tester l'honneteté locale, quand un monsieur m'a couru après pour me rapporter mon sac que j'avais oublié dans le bus.

Et j'ai vu un truc vraiment étonnant pour une française : en plein centre ville de Gwangju, dans une rue commercante animée, il y avait une voiture garée avec les vitres ouvertes (il faisait chaud), le sac à main de la conductrice sur le siège, et la clé de contact bien enfoncée. Et évidemment, une demi-heure après, tout était encore là ...

Ou vis-je ?

Portrait de Anonyme

Cet article et d'autres, allant dans le même sens me font m'intérroger.

Que cherches donc les japonais lorsqu'ils visitent la France ? Que sommes nous pour eux ?

J'en ai conclu que pour eux la france, c'est un parc d'attraction au thème moyen-ageux. Les gens sont sales, les rues sont sales, le pays est sale. Il y a même des africains ! (Qqun avait posté un commentaire ici s'étonnant que des japonais s'étonnent qu'il y ai des noirs qui marchent librement dans les rues de Paris !).

Franchement leur pays, question histoire n'a rien à envier au notre. La french technology -dont on est si fier- ne s'exporte pas* ou ne fonctionne plus dès qu'il neige/pleut/vente/gèle/feuille morte/etc/ (aucune mention à rayer ici). La population n'est pas accueillante, est sale (oui je sais je me répète), et voleuse (voir le commentaire plus haut sur l'appareil perdu dans le train). La sécurité y est même inexistante !

Ils viennent pour se remémorer combien ils vivent dans un pays bien meilleur que la France, et ça leur imprime dans la rétine (et les narines à certains endroits) combien leur éducation, si stricte, si pesante les préserve de devenir.... des français.

Et je ne leur en veux même pas. Je les envie.... de pouvoir rentrer chez eux après leur vacances au parc.

Si tu connais des Japonais étant allé en France, je serai curieux de connaitre leurs motivations. Même si je sais, qu'il faudra interpréter les réponses, leur politesse faisant filtre.

Pourquoi je n'ia pas pris Japonais première langue ?

 

* Pendant la guerre des Malouines, la France à donné les codes de désactivation des missiles Exocet vendus à l'Argentine, à l'Angleterre. Pourquoi voudriez-vous qu'un pays étranger achète du matériel militaire français après cet démonstration de la loyauté et de l'honnêteté française ?

Tu y vas fort Mélanie, mais

Portrait de Anonyme

Tu y vas fort Mélanie, mais oui c'est sûr qu'il n'y vont pas pour admirer notre brillante économie et nos incroyables innovations technologiques. La plupart des japonais qui m'ont dit être venu en France, c'est pour notre gastronomie, nos traditionis, les chateaux etc... Pour ma part je vis au Japon aussi, et j'avoue que je n'aimerai pas devoir retourner vivre en France entre autre pour les raisons évoquées plus haut, par contre y passer des vacances et profiter des bons côtés,  oui.

!

Portrait de Len

Je ne connaissais pas du tout cette culture des objets perdus au Japon, mais ça laisse rêveur... Moi qui vérifie toujours 15 fois le contenu de mes poches quand je vais au boulot (soit en même pas une demie heure)... Forcément, le RER et le métro, ça appelle à la méfiance... -_-

Et bien, je reviens d'un

Portrait de Anonyme

Et bien, je reviens d'un voyage de 3 semaines au Japon et j'y ai perdu mon porte-feuille (dans le train) genre 3 jours après mon arrivée... Dedans, ma carte de crédit, ma carte d'identité et quelques milliers de yens (pas plus de 3000 yens, si je me rappelle bien).

Et bien, 2 jours après, le porte-feuille était retrouvé et disponible au bureau des objets trouvés... Et rien n'avait disparu, même l'argent...

J'avoue avoir été hyper surpris... Agréablement, vous vous en doûtez...

c'est vrai que la France

Portrait de Anonyme

c'est vrai que la France c'est l'enfer, vite vite, partez tous au Japon, le Paradis sur Terre... le pays où l'immigration est bien cachée, où les gens sont propres, polis, où tout est parfait... j'adore le Japon, sinon je ne serai pas ici en train de lire les articles et vos coms, et comme bcp de personnes ici j'ai aimé y aller, et j'aimerai y retourner, mais faut arrêter d'idéaliser ce pays... Perso j'aime encore plus le Japon depuis que j'y connais aussi ces défauts, car j'ai l'impression de mieux le comprendre... Et juste pour l'exemple, un blog d'un couple métissé qui vivait au Japon et finalement qui s'installe en France, car il n'y a pas que des défauts dans notre beeeeau pays : http://ougl.over-blog.com/ L'idéal, un mix des 2 pays, pourquoi pas, mais bon, comme on dit, l'herbe est toujours plus verte dans le pré d'à côté... et à défaut de vivre dans ce pré là, j'essaie de rendre le mien meilleur dans mes limites.

@Mélanie

Portrait de Alex

Désolé pour la réponse tardive. Ah, un petit coup de French bashing, ça faisait longtemps! :cool: Eh non Mélanie, il ne faut pas croire que tout est noir en France, la preuve c'est que tu y manges à ta faim tous les jours, ce qui reste un privilège même dans le monde d'aujourd'hui.

Ceci mis de côté, que peuvent bien trouver les Japonais qui viennent à Paris, à part une cour des miracles exotique fréquentée par des gueux puants et mal élevés? Pour commencer un patrimoine architectural, artistique, littéraire et musical qui a posé quelques références en la matière; des musées dont les collections font à elles seulent font venir des gens du monde entier; un patrimoine naturel diversifié et unique; et un héritage historique capable de rivaliser en richesse avec le leur. Maintenant que j'ai plusieurs années de vie au Japon, je comprend parfaitement le sentiment d'un Japonais qui s'émerveille devant l'architecture de Paris, même s'il vient d'essuyer la merde qui colle à ses chaussures. Dur d'avoir de vieux et beaux bâtiments dans un pays sans cesse soumis aux tremblements de terre... En fins gourmets, les Japonais savent également apprécier la gastronomie française à sa juste valeur.

Je suis bien d'accord que la France ne réserve pas à ses touristes l'accueil qu'ils méritent, mais malgré cela et la réputation des Français qui n'est plus à faire, la France reste le pays le plus visité au monde. Je pense que la raison tient à autre chose que du masochisme.

On pourra me rétorquer que ceci n'est que le point de vue du touriste, à qui l'on tente de servir autant que possible l'image idéalisée qu'il se fait de la France (et crois-moi, au Japon elle est très idéalisée). Pourtant, un nombre non-négligeable de Japonais ont décidé de passer toute ou partie de leur vie en France en tant que résident. Seraient-ils fous?

Non, ils viennent tout simplement chercher un mode de vie qu'ils ne trouvent pas dans leur pays, où l'individu peut exprimer ses opinions sans avoir à les passer par le filtre de la bienséance, où l'on a une certaine idée de l'humanisme qui fait qu'on ne laisse pas les gens mourir de faim, et qu'on ne les exclus pas dès lors qu'ils perdent leur emploi. Une mentalité qui fait qu'on se solidarise des gens en difficulté au lieu de leur jeter la pierre, même quand cette dernière solution semble la plus arrangeante. Une liberté d'être que les impératifs de la société japonaise ne permettent pas d'exprimer. À la place, le conformisme et la consommation à outrance prévalent, le paraître est le seul critère important. Peu importe que tout le monde soit au courant d'un scandale, si les apparences sont sauves, l'honneur l'est aussi.

Pour conclure, permets-moi de te citer à mon tour quelques côtés de la société japonaise que je trouve moyenâgeux:

  • Les castes d'"intouchables" (burakumin), qui restent encore discriminées malgré l'abolition de leur status il y a 140 ans. L'article wikipédia est très instructif sur cet anachronisme;
  • La façon dont certains mariages sont encore arrangés de nos jours;
  • L'ignorance crasse et à la limite de la vulgarité dont font preuve certains Japonais à l'égard du reste du monde, qui tourne souvent à la xénophobie simple, pure et parfaitement décomplexée;
  • Le système des entreprises japonaises qui sont une véritable micro-société féodale, avec un patron tout puissant et vénéré, et des employés totalement soumis et dévoués au "clan", au détriment de leurs propres projets. Heures supplémentaires quotidiennes et non-payées, retour à la maison vers 11h du soir, présence au boulot les week-ends... Quoi? Et le droit du travail? Ben oui, tu as le droit de travailler!
  • La façon dont tu te fais enc**** par les agences immobilières et les propriétaires, tout en restant à leur merci dès lors que tu vis chez eux. En France, le locataire a des droits, les périodes d'expulsions sont contrôlées, etc. Mais l'Abbé Pierre n'était certes pas prêtre Shinto.

Une fois sorti du jugement de valeurs, on se rend compte que les deux sociétés sont en effet très différentes (et souvent excessives dans des directions totalement opposées), mais par beaucoup d'aspects complémentaires et qu'il est très enrichissement d'expérimenter la vie dans les deux. Et cela vaut également pour les Japonais. J'aime beaucoup le Japon, mais j'y ai également appris à aimer la France.

>J'aime beaucoup le Japon,

Portrait de Anonyme

>J'aime beaucoup le Japon, mais j'y ai également appris à aimer la France.

C'est effectivement lors de mes voyages à l'étranger que j'ai appris à aimer la ville où j'habite (Rouen) et la France. Car on est quand même pas trop mal loti, même si j'ai toujours envie de partir en vacances voir de nouveaux horizons Sticking out tongue

Sinon bien vu pour le French Bashing, c'était exactement ce à quoi je pensais mais je n'avais plus le terme en tête :doh:

Ah sinon je me permets de poster sans te féliciter, j'ai découvert ton blog il y a peu, depuis j'ai pas mal rattrapé mon retard et j'aime beaucoup tes articles. Le 1er qui me vient en tête c'est celui du suicide, c'est tout con mais tous les chiffres sont à portée de main et personne ne pense à regarder/vérifier, où comment tordre le cou à certaines idées reçues :cool: bonne continuation !

Ales, je viens de lire les

Portrait de Anonyme

Ales, je viens de lire les deux articles le chômeur mort de faim, et le jeune décapité en Irak.

Vrai que ça refroidit et rappelle que les Japonais subissent une pression de fous. Comme tu l'as dit, certes, le France est loin d'être parfaite. Mais nous sommes quand même encore heureusement libres de pleurer nos parents au grand jour ou/et pas encore considérés comme des rien du tout quand nous perdons un job.

Je comprends qu'on puisse avoir très envie de vivre au Japon, mais comme tu l'as dit, je crois qu'il ne faut pas oublier à quel point la vie peut aussi être douce, parfois, de par chez nous.

Rouen, ma ville de coeur...

Portrait de Anonyme

Rouen, ma ville de coeur... mon étape actuelle avant de partir m'installer à Tokyo dans quelques mois :)

Merci pour ta réponse !

Portrait de Mélanie Daniels

Bonsoir,

Merci pour ta réponse, tu es excusé. ;)

Mon ego n'est pas enflé au point que je m'attente à une réponse immédiate de ta part...

Je suis même flattée de te voir prendre la plume pour m'apporter des éclaircissement. m(__)m

S'il est vrai que la France possède un patrimoine et une culture intéressante, il il/elle datent de plusieurs siècle.Du Siècle des Lumières on est passé au "Caca dur ou caca mou" de la Star Academy. Pense... Ça fait réfléchir, hein ? 

Est-ce que trouver pire ailleurs doit-il être une excuse pour se complaire dans sa médiocrité ?

J'ai discuté avec un cliente japonaise cet après-midi : elle adore la Bouillabaisse, mais trouve le reste de la gastronomie française un peu ...lourde à digérer. ;) Par contre, j'ai oublié de demander pour le fameux Moule-frites. La prochaine fois promis ! :D

Je remplace ici même les dizaines de lignes que j'avais écrite parce qu'au final, je ne fais que paraphraser ce que tu as si bien dit toi-même sur la complémentarité/excessivité de nos société.

Pour résumer je dirai que je vois la société japonaise comme un corps de sportive : efficace et bien portant, mais sujet à des restrictions, des privations.

Quand à la nôtre, je la vois plutôt comme un corps de bauf : Affalé sur le canapé, la canette posée sur le bide, avec du temps de cerveau disponible et des maladie cardio-vasculaire. :D

On doit bien trouver un juste milieu, non ?

Même si on a des différences (en France, c'est l'inverse dans l'immobilier : c'est le propriétaire qui se fait enc... dès qu'il loue son bien), on a aussi des points communs (en entreprise le management par l'infantilisation fait des ravages ici aussi).

J'aime aussi la France, mais je suis déçu de devoir aller dans un musée pour y voir des traces de sa grandeur alors qu'au Japon, j'adore leur savoir vivre qui manque tellement ici. La bienséance est quand même un "mal" nécessaire, sans elle, on ne peut pas vivre tous ensemble en société, ce serait intenable.

Continue de nous faire réver Alex, on compte sur toi ! :D

Et merci !

A tout prendre

Portrait de Anonyme

A tout prendre, quitte à choisir entre :

- le je-m'en-foutisme qui frise l'atavisme

- la liberté de propos qui déborde sur le sans-gêne, le jugement de valeurs constant,

- l'égocentrisme du "Moi, je" qui fait que chacun se pense une petite forteresse imperméable aux tentatives extérieures d'amélioration du comportement individuel au bénéfice du bien et de l'intérêt communs

de la France ; et :

- le conformisme qui bride toute prise d'initiative personnelle,

- la totale dévotion de l'individu à l'intérêt du groupe, famille, quartier, entreprise, nation,

- la réserve quant à exprimer une opinion touchant à un domaine où l'on n'a pas la compétence nécessaire pour apporter un argument recevable et utile,

- la retenue à émettre un avis portant atteinte aux apparences, synonyme d'hypocrisie sociale, donc indispensable ciment de la vie en société

du Japon ;

Je n'hésiterais même pas une demi-seconde.   

@Anpanman

Portrait de Alex

... et quel est-donc ton choix, il n'apparaît pas vraiment de façon évidente dans ton post...

Pour ma part, j'ai choisi la voie du milieu... Lévitation

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