Le fantôme d'Alfred Hitchcock

Si vous êtes déjà passés par Tokyo, vous avez sans doute remarqué qu'en continu se joue une guerre décisive entre les deux clans maffieux qui dominent la métropole. Leurs membres pullulent dans la capitale, impossible de les louper. Ils aggressent les touristes imprudents qui mangent dans la rue ; rackettent les petits commerces ; et poussent même le vice gratuit jusqu'à vandaliser les sacs poubelles les jours de ramassage.

Chaque génération tâche de se multiplier le plus possible afin de préparer la suivante à cette guerre qui dure depuis si longtemps que son enjeu en a été oublié. Les spéculations vont bon train : est-ce le contrôle du marché de la drogue? Celui de la prostitution? Du deal de Poutchi-poutchi contrefaits? En vérité, cette guerre démographique a pour unique but d'avoir le monopole du déféquage sur la tête des passants innocents.

'achement vite

Petit fou-rire en pleine rue en voyant passer cette moto de livraison. Certes ce n'est pas du français, mais je trouve que ça cartonne bien.

Rapeed - Rapid and Speed

Je n'ai moi-même pas très bien compris pourquoi ce slogan m'a tant fait rire, mais vu que j'ai couru sur 200m pour rattraper la moto au feu rouge, je vous la met quand même! :p

Le Poutchi Poutchi contre-attaque

Vous aviez découvert le Mugen-puchi sur ce blog il y a quelques mois, et après sa distribution dans l'hexagone vous pensiez peut-être naïvement que l'époque où le Japon avait l'exclusivité de ce genre de gadgets était révolue. Eh bien pas tout à fait. Les Nippons détestent ne pas avoir une longueur d'avance, et reviennent en force avec un nouveau dérivé du Poutchi qui à mon avis ne sera pas exportable pour des raisons culturelles.

220V made in Japan

Rencontre bien fructueuse avec Thomas-sempai, un autre Lillois expatrié depuis beaucoup plus longtemps que moi. Outre les bons vieux souvenirs de la capitale des Flandres et les expériences partagées de la vie au Japon, v'là-t-y pas qu'il me sort de son sac le dernier CD qu'il venait d'acheter par pur hasard.

Cloclo made in Japan

À l'origine, une maison de disques qui a eu la charmante idée de demander à plusieurs groupes japonais de faire des reprises de notre idôle des temps passés. Rien qu'à la pochette on comprend tout le potentiel insondable de cette création, et à l'écoute on n'est en effet pas déçu. Mais il y a mieux : le groupe responsable de ce CD possède sa propre page sur Youtube, sur laquelle on peut non seulement écouter le contenu, mais également visionner les clips. Et là comment le dire, toutes mes attentes en matière de naïvetés et de clichés sur la France ont été explosées. On atteint le niveau suprême du kitsch, l'innocence faite art, avec le clip de Chanson populaire. Prenez bien le temps de mettre en pause histoire de lire le texte qui en vaut vraiment la peine. 

Ne ratez pas non plus les très honorables Lundi au soleil, Alexandrie Alexandra, Y'a le printemps qui chante, Comme d'habitude, ... enfin tout, quoi.

En tant que geek, j'ai cependant un authentique coup de cœur pour cette version bitpop de Cette année là, que l'on croirait tout droit sortie d'un Commodore 64 ou d'une NES. Et en plus, c'est kawaii!

Si vous désirez vous procurer cette pièce unique en son genre, sachez qu'elle est distribuée en France et notamment disponible sur Amazon. Dommage cependant, la pochette a été changée par rapport à l'édition japonaise.

Cloclo, si personne ne t'a mis au courant là où tu es, ne nous pète pas un plomb lorsque tu seras mis au jus de ce nouvel hommage rendu à ta lumière!


Mise à jour : j'ai fini par acheter ce CD, et il faut y voir plus que l'excentricité que ce post laisse entendre qu'il est. Il s'agit d'un véritable hommage à Claudre François rendu par des artistes japonais reconnus, et le livret comprend un texte explicatif sur la vie de chanteur. Le producteur, Kenzo Saeki, est en fait un authentique fan de l'œuvre du chanteur et a déjà rendu d'autres hommages à des artistes français, notamment Serge Gainsbourg. Si la musique de Cloclo n'est pas connue directement sur l'archipel, les Japonais connaissent en revanche très bien le My Way de Franck Sinatra qui est une reprise de Comme d'habitude, et c'est d'ailleurs l'argument de vente du CD en magasin. Les clips sont originaux (il ne faut pas oublier qu'on est au Japon), mais la musique réserve aussi quelques surprises agréables...

J'en profite pour relever un autre point que je trouve génial. Sur la vidéo de Cette année là (du groupe YMCK, dont je suis officiellement devenu fan), vous pouvez remarquer que les trois personnages pixellisés effectuent en fait la véritable chorégraphie de la chanson, et je trouve ça très très fort. Par ailleurs, les paroles ont été fidèlement traduites en japonais, et réussir à transcrire l'esprit de cette chanson dans une langue si différente, tout en retrouvant les rimes, est un véritable tour de force. Une autre preuve du sérieux de la démarche de ce CD.

Le Ninja-zombie venu de l'Ouest

Ça fait maintenant quelques jours que j'ai la crève. Pas la grosse grosse crève, mais presque. Gorge douloureuse, sécrétions en tout genre, fièvre, ... 3 jours que je ne suis pas sorti de chez moi de peur d'infecter un wagon entier d'usagers innocents ou de tomber vraiment très malade, et que je reste scrupuleusement enfoui dans mon futon.

C'est qu'ici mes moyens de guérison sont limités au chauffage et à la couette. Sauf gros problème, je ne tiens pas vraiment à voir un médecin. Déjà, le système japonais est très différent du nôtre : pas de généraliste avec son petit cabinet, si on est malade on va direct à l'hôpital pour consulter. Or je n'ai pas envie d'aller jusque là-bas (faudrait déjà que je sorte!), ni de poireauter avant de tenter d'expliquer ce qui ne va pas à un médecin qui ne comprendra pas mieux que moi ce qui m'arrive. Par ailleurs, le remboursement des consultations et médicaments n'étant pas intégral et les factures salées, je me dis que ça ne sert à rien de me faire soigner pour une petite grippe si c'est pour mourir de faim à la fin du mois.

Le médecin et l'hôpital ne sont pas les points de passage obligés pour se faire soigner ici. Oui, les Japonais aussi sont réticents à l'idée d'aller à l'hosto pour un simple mal de gorge, et il est assez facile de se procurer des médicaments basiques au combini du coin. Alors qu'en France la vente de médicaments en supermarché fait encore débat, ici elle est pleinement admise. Seul petit problème : je ne suis absolument pas en mesure de déchiffrer à quoi peuvent bien servir toutes ces boîtes. Déjà qu'en français les médicaments ont des noms à la con genre Vasectalone ou Pipodrite, imaginez ce que ça peut donner en japonais... Si c'est pour me retrouver avec des cachets contre les règles douloureuses et les prendre comme suppositoires, ça ne servira pas à grand chose.

Donc j'en profite pour entraîner mes défenses immunitaires qui ont finalement l'air de pas trop mal se débrouiller toutes seules. C'est économique, naturel, et ça les renforce pour la prochaine attaque. C'est vrai ça, pourquoi prendre des médocs si de toute façon on guérit tout seul? :spamafote: Et en plus, ça me donnera l'occasion d'adopter à nouveau les coutumes japonaises en me déguisant en espèce de Ninja-chirurgien la prochaine fois que je sors*. La grande classe!

Sick...

*eh oui, pour ceux qui ne le savent pas encore, les japonais portent vraiment ces masques lorsqu'ils sortent. Contrairement à ce qui est communément admis, ce n'est pas une mesure de protection contre la pollution (qui n'est pas si élevée que ça) ou les microbes ambiants, mais tout simplement un geste de civisme pour ne pas contaminer ses voisins lorsqu'on est malade.

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